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La vidéosurveillance contre les voitures mal garées

mise en ligne: mercredi 24 mars 2010

Après les radars sur les autoroutes et depuis peu aux feux rouges, place aux caméras. Plus d’un automobiliste risque d’en être exaspéré mais de plus en plus de villes vont utiliser la ­vidéosurveillance - rebaptisée vidéoprotection - pour verbaliser les conducteurs. Dans le sud du pays, Cagnes-sur-Mer, Draguignan s’y sont mises, et bientôt Nice. Au nord, Valenciennes ouvre le bal. Autant de villes pionnières qui ont eu l’idée d’optimiser l’usage de leur dispositif. Si une caméra est braquée sur une rue, pourquoi, en effet, ne relever que le seul mauvais comportement du délinquant ? D’autant que, font remarquer les détracteurs de ces initiatives, l’automobiliste épinglé devra délier bourse pour s’acquitter d’une amende de 35 euros ! Alors pourquoi s’en priver ?

Mais les maires qui s’offusquent qu’on leur prête de pareilles intentions assurent poursuivre d’autres objectifs : faire la guerre aux accès congestionnés de leur ville à cause d’automobilistes mal garés. Seuls les stationnements en double file, voire les stationnements gênants ou abusifs sont donc traqués dans les centres-villes par le biais des caméras. En même temps, il faut l’avouer, il est difficile de relever d’autres infractions. Comment en effet rapporter la preuve par l’image qu’un individu au volant n’a pas marqué le stop ? À l’inverse, la contestation est quasiment impossible quand le cliché montre une voiture garée en double file, abandonnée par son conducteur parti acheter une baguette en coup de vent !

« Ces doubles files, c’est un véritable sport national dans le Sud. Une plaie sur les boulevards », lance-t-on à la direction communication de Draguignan où, depuis 2008, 10 des 23 caméras installées sur la ville servent à sanctionner les manquements des automobilistes.

Ces dix-là sont exclusivement braquées sur les principaux boulevards de la ville, les points noirs de Draguignan en matière de circulation. Désormais, un vieux souvenir. Car l’effet dissuasif joue à plein, selon les responsables de la ville. Après 80 contraventions, les stationnements sauvages se sont évanouis et les embouteillages aussi. Un constat identique à Cagnes-sur-Mer où, dit-on, la machine s’est montrée plus persuasive que l’homme. « Avant, la police passait et ça ne servait à rien. Dès qu’elle avait le dos tourné, les stationnements en double file recommençaient », raconte le sénateur maire (UMP) Louis Nègre. Après des efforts à expliquer ce dispositif aux habitants et 2 000 procès-verbaux dressés par le biais des caméras, les rues sont à nouveau dégagées. Une réussite qui est aussi le résultat d’un effort partagé. Pour aider les conducteurs à mieux se garer, la ville a créé le stationnement gratuit de quinze minutes. « La politique de la carotte et du bâton », résume l’édile.

Mais après les petites communes, place aux plus grandes. Nice et ses 650 caméras prévues comptent aussi traquer les mauvaises habitudes de stationnement. Techniquement, tous ces appareils pourront relever l’infraction. « Mais nous allons identifier les périmètres où l’on décidera de verbaliser », explique son maire UMP, Christian Estrosi. Pas question donc de mener une répression aveugle dans la ville. Seules les zones critiques en matière de circulation seront concernées. Enfin, le dispositif sera mis en place en douceur : du 1er mai au 30 juin, le contrevenant recevra une lettre de rappel à l’ordre. Puis à compter du 1er juillet, le couperet tombera.

Concrètement, dans chacune des salles de vidéoprotection où sont installés des écrans, des fonctionnaires de police veillent au grain. En cas d’infraction, deux clichés sont tirés à partir de la vidéo. « On réalise une photo en plan large révélant la situation, une autre en plan serré sur la plaque d’immatriculation », raconte Olivier Marlière, conseiller municipal à Valenciennes où les 45 caméras servent aussi à surveiller les conducteurs. Pour ce dernier, ces agents chargés de scruter les images ont un rôle délicat. « Ils doivent apprécier la situation », dit-il. Ainsi, un véhicule garé en double file pour qu’une personne âgée y prenne place plus facilement ne devrait guère poser de problème. À l’inverse, celui qui s’en va pour une course qui s’éternise recevra chez lui un procès-verbal. Soit 35 euros à payer.

Dans chacune de ces villes, le dispositif semble bien accueilli. « L’opposition s’en était émue au début, puis elle a finalement convenu qu’il était efficace », assure-t-on en mairie de Draguignan. Mais comme toute contestation reste possible, les clichés sont conservés un an. À la disposition des conducteurs.

Source : Le Figaro






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