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Eiffage emporte le contrat de la ligne à grande vitesse Rennes-Le Mans

mise en ligne: jeudi 20 janvier 2011

Le groupe de BTP l’emporte face à Bouygues et à Vinci. Ce projet de 3,4 milliards d’euros prolonge la ligne existante entre Paris et Le Mans, pour mettre Rennes à moins d’une heure trente de la capitale. Les travaux dureront jusqu’à l’automne 2016.

La nouvelle part du gros gâteau des chantiers ferroviaires revient à Eiffage. Le groupe de construction a été désigné hier « attributaire pressenti » par RFF (Réseau Ferré de France, le propriétaire des rails) pour le financement, la conception, la construction et la maintenance pendant 25 ans de la ligne à grande vitesse Bretagne-Pays de la Loire (BPL, dans la terminologie officielle). Exit donc Bouygues et Vinci, qui concouraient également. La nouvelle infrastructure, qui s’ajoutera à la ligne TGV déjà existante entre Paris et Connerré (à 20 kilomètres du Mans), mettra Rennes à moins d’une heure trente de la capitale, soit un gain de temps de 37 minutes, avec des trains roulant à 320 kilomètres-heure.

En mars 2010, c’est Vinci qui avait sabré le champagne après avoir remporté le premier partenariat public privé (PPP) du ferroviaire, Sud Europe Atlantique (SEA), reliant Tours à Bordeaux. Avec 182 kilomètres de ligne à grande vitesse (et 214 kilomètres avec les raccordements), pour un coût estimé à 3,4 milliards d’euros, la LGV Bretagne-Pays de la Loire ne représente qu’environ la moitié de la taille de la ligne Tours-Bordeaux (303 kilomètres et 7,8 milliards de coût estimé). C’est néanmoins un chantier exceptionnel, qui créera plus de 10.000 emplois par an d’ici à la fin des travaux, prévue pour l’automne 2016 (au lieu de 2014-2015 initialement). C’est aussi un contrat moins risqué que SEA car il ne s’agit pas d’une concession, comme pour Vinci, qui va devoir supporter le risque trafic de la ligne. Pour la ligne bretonne, RFF a opté pour un contrat de partenariat dans lequel le constructeur recevra, pour couvrir son coût de construction et d’exploitation, des loyers fixes du groupe public, quel que soit le succès commercial auprès des usagers.

Mais Eiffage a dû faire des efforts financiers. « Sur le coût - le critère le plus important -, l’offre d’Eiffage a abouti, a déclaré hier soir le PDG de RFF, Hubert du Mesnil. Le coût entrait pour 40 % dans la décision. Par ailleurs, Eiffage fera l’avance de la part due par l’Etat, qui lui sera remboursée par les loyers futurs. Or l’Etat apporte tout de même 30 % des financements, soit environ 1,1 milliard, complétés à 30 % par les collectivités locales et à 40 % par RFF. Reste à mettre au point l’ensemble des financements pour qu’Eiffage puisse signer le contrat définitif de BPL au cours du premier semestre.

Folle ambition ferroviaire

Le chantier BPL n’est qu’un exemple parmi d’autres de la folle ambition ferroviaire affichée par le gouvernement. Outre BPL et SEA, la liaison TGV Rhin-Rhône doit être mise en service en décembre prochain entre Dijon et Belfort. Sont également prévus la deuxième phase de la LGV Est (construite en maîtrise d’ouvrage directe par RFF) vers Strasbourg, ainsi que le contournement de Nîmes-Montpellier (par PPP). En tout, une facture de 17 milliards d’euros. Et cela pourrait n’être qu’un début, car RFF a recensé au total 17 autres grands projets en phase d’étude et de concertation, pour un coût proche de 80 milliards d’euros. Folie des grandeurs ? C’est ce que beaucoup de spécialistes du secteur estiment en ces temps de disette budgétaire. « Trois de ces lignes (TGV Est, SEA et BPL) sont des "coups partis", elles se réaliseront nécessairement ; le reste est beaucoup plus incertain », estimait récemment un bon connaisseur du dossier.

Source : Les Echos





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