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Comment la route est devenue plus sûre

mise en ligne: mardi 2 février 2010

Les progrès technologiques et médicaux expliquent, avec la répression, le recul du nombre de victimes.

Quand on les voit glisser sur l’asphalte avec leurs lignes élégantes, elles font rêver. Mais ces voitures de collection sont le cauchemar des urgentistes. En cas d’accident, ces belles cylindrées renvoient en effet les médecins plusieurs dizaines d’années en arrière. Une période noire au cours de laquelle les dispositifs de sécurité n’équipaient pas encore les voitures qui se transformaient alors en piège en cas de collision. Les pièces métalliques perçaient de toute part l’habitacle et les passagers, s’ils n’étaient pas tués, subissaient d’effroyables blessures. Désormais, et exception faite de ces voitures anciennes ou de modèles peu récents, ces scènes n’ont presque plus cours. La révolution technologique a contribué à faire reculer la mortalité sur la route et à diminuer la gravité des lésions. En 2009, et même s’il n’y a qu’une très légère baisse de nombre de décès par rapport à 2008 (4.262 contre 4.275 selon un bilan non définitif), on est loin de l’hécatombe des années soixante-dix (16.617 tués en 1972). Concernant les blessés, les résultats sont aussi impressionnants : 83.911 en 2009 contre 237.636 en 1987.

« Les efforts des constructeurs dans le domaine de la sécurité sont considérables », confirme Patrick Joffrin, directeur de l’unité d’essais expérimentaux à l’Inrets, l’Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité. Avec deux équipements en vedette. La ceinture de sécurité et l’airbag ont mis fin à l’éjection du passager hors de la voiture et ont réduit les dégâts faciaux. D’autres innovations ont suivi et se sont conjuguées aux effets bénéfiques de la baisse moyenne de la vitesse depuis l’installation des radars.

Mais les apparences sont parfois trompeuses. De plus en plus, les secours découvrent des blessés présentant peu de lésions apparentes mais en réalité grièvement atteints. Ces « victimes propres », comme les appellent les pompiers, sont physiquement épargnées grâce à la sécurité dans les véhicules mais ont subi une forte décélération. Les organes internes sont atteints. « Ces lésions cachées posent problème », confirme Marc Freysz, chef du service anesthésie-réanimation-Samu 21 au centre hospitalier universitaire de Dijon. Pour sauver des vies, il faut les détecter et les médecins-urgentistes pratiquent de plus en plus des échographies sur le terrain. « Si on constate une hémorragie interne, on oriente la victime vers l’établissement approprié », explique Gilles Bagou, anesthésiste-réanimateur au Samu de Lyon.

Multiplication des carrefours giratoires

En première ligne pour les accidents graves, ces médecins urgentistes contribuent aussi à bouleverser les chiffres de l’accidentologie. « Nous sauvons des personnes qui auparavant mouraient. Parfois, aussi, notre intervention empêche qu’une blessure grave laisse des séquelles », confirme Gilles Bagou. Une meilleure organisation des Samu explique la plus grande efficacité de ces services, comme le souligne une étude pilotée en France par Marc Freysz. Mais le même rapport indique aussi que les équipes des Smur (Service mobile d’urgence et de réanimation) sont intervenues auprès de 90% des blessés graves. 10% d’entre eux leur ont donc échappé avec les possibles conséquences dramatiques que l’on imagine. La preuve pour Marc Freysz que l’organisation doit être encore améliorée afin d’assurer la présence systématique du médecin sur chaque accident grave. Certains dénoncent aussi une insuffisance de moyens comme David Corège, chef de service du Samu de Saône-et-Loire, qui réclame un hélicoptère pour son secteur : « Les moyens terrestres ne suffisent pas sur un grand département. »

Enfin, les infrastructures ont également fait chuter l’accidentalité. C’est le cas de la multiplication des carrefours giratoires qui en faisant diminuer la vitesse ont réduit la gravité des accidents. Selon l’Observatoire national interministériel de sécurité routière, le nombre de personnes tuées lors d’une collision par le côté a ainsi été réduit de près des deux tiers en dix ans.

Source : Le Figaro






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